ENSEIGNEMENTS SUR LE GENRE & LE CONFLIT EN AFRIQUE

EnglishFrench
 

Région élargie des Grands Lacs
(RCA, RdC, RDC, Angola, Zambie, Tanzanie, Ouganda, Kenya, Soudan, Rwanda, Burundi)

Coordination avec les entités régionales

Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs

Un pacte visant à transformer la Région des Grands Lacs d’une zone de conflit et d’instabilité en un espace de paix et de développement a été signé le 15 décembre 2006 par les chefs d’État et les gouvernements de la région. Ce pacte lie 11 pays, c’est-à-dire l’Angola, le Burundi, la République du Congo, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie et il est officiellement entré en vigueur le 21 juin 2008. Le Secrétariat de la Conférence est l’organe technique et coordinateur qui facilite et effectue le suivi de la mise en œuvre des projets et protocoles dépendant de ce pacte.


Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle contre les femmes et les enfants


Ce pacte instaure 10 protocoles contraignants avec obligation de mise en œuvre par les États membres, dont l’appropriation de ces protocoles. En réponse aux inquiétudes exprimées par les États membres sur les conséquences humanitaires et sociales des crises et des confits armés, en particulier sur l’étendue de la violence sexuelle, un des ces protocoles traite spécifiquement de la VSLG, le « Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle contre les femmes et les enfants » (protocole VSLG). Ce protocole est un des rares instruments régionaux et internationaux juridiquement contraignants de lutte contre la violence sexuelle et de protection des survivants ainsi que de poursuite des auteurs. Il fournit également une base juridique pour la capitulation des fugitifs  et des personnes accusées de violence sexuelle.

LOGiCA et le Secrétariat de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (ICGLR) travaillent de concert à la conception et la planification d’un programme d’aide technique pour l’amélioration de la production des connaissances et des bonnes pratiques sur la violence sexuelle et liée au genre dans la région des Grands Lacs.

Pour en savoir davantage sur l’ICGLR, cliquez ici [www.icglr.org]

 

Pays touchés par des conflits avec la LRA
(RCA, RDC, Sud-Soudan et Ouganda)

Initiative de soutien aux femmes artisans de la paix dans le conflit avec l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's resistance Army/LRA) :

LOGiCA collabore avec Conciliation resources, une ONG internationale, à la promotion des femmes comme artisans de la paix et pour fournir un canal de diffusion des voix des femmes sur le conflit avec la LRA. Avec le soutien du Ministère norvégien des Affaires étrangères (par son ambassade à Kampala), l’Agence suédoise de coopération pour développement international (SIDA), le Département britannique pour le développement international (DfID) et le gouvernement belge, Conciliation resources œuvre aux côtés d’organisations de terrain et de personnalités d’influence des communautés pour mieux articuler leurs connaissances et leurs perspectives auprès des législateurs et des praticiens dans le but de promouvoir une transformation transfrontalière du conflit. LOGiCA a soutenu Conciliation resources pour pallier à des lacunes qui ont fait jour dans ce travail. En effet, les canaux de communication entre les femmes étaient limités dans les zones touchées par la LRA, avec, pour conséquence, leur manque de représentation en termes de perspectives et expériences dans les traitements locaux, nationaux et internationaux du conflit. Un atelier « uniquement destiné aux femmes » a été mené dans le Sud du Soudan pour compléter un atelier similaire soutenu par l’Ambassade de Norvège en République centrafricaine (RCA) à la fin du mois de décembre 2010, dont les résultats ont suivi en janvier. L’objectif de l’atelier était de favoriser les femmes en tant qu’artisans de la paix et de leur fournir un canal d’expression sur le conflit avec la LRA afin que leur point de vue soit articulé et présenté aux principales parties prenantes. Durant trois jours, les femmes ont exploré l’impact du conflit avec la LRA sur leur vie et les défis qu’elles rencontrent en étant confrontées à ce dernier. Elles ont également envisagé les mécanismes possibles afin de favoriser la coordination, la communication et la synergie entre les différents groupes et organisations de femmes dans la région.

Les recommandations clés issues de cet atelier ont conclu au besoin : d’un soutien éducatif renforcé afin que les femmes augmentent leur capacité à œuvrer pour la paix ; du renforcement des capacités des institutions communautaires ; d’une consultation active et d’un soutien à la participation des femmes dans les initiatives de paix ; d’un renforcement des actions axées sur la protection physique ; et d’une plus large diffusion des informations publiques sur les droits des femmes. Les participantes à l’atelier ont proposé des approches spécifiques pour chacune de ces recommandations et œuvrent actuellement afin de sécuriser de futurs soutiens.

 

Burundi, Rwanda, Ouganda

Programmes sensibles aux questions de genre dans les opérations de D&R Burundi/Rwanda/Ouganda

Étude des familles d'ex-combattants afin d'examiner : l'impact du départ, de l'absence et du retour des ex-combattants sur leur famille ; et le rôle de la famille dans leur réintégration.

Dans la réintégration, la compréhension du rôle intermédiaire joué par la famille entre le statut actuel de l’ex-combattant et celui de membre de la famille, puis de citoyen, est très limitée. On en sait très peu sur la façon dont la famille se mobilise pour partager les ressources (nourriture, logement, objets du foyer, etc.) lors du retour de l’ex-combattant. De même, les informations sur la façon dont l’ex-combattant partage sa bourse de réinsertion se limitent aux articles achetés, et on ignore tout des attentes existantes et du processus de prise de décision dans la distribution de cette richesse.
Il y a très peu de données sur la façon dont les ressources économiques productives (la terre, le bétail, les activités génératrices de revenus, les ressources ou les opportunités agricoles, commerciales, de services ou de production/manufacture) peuvent être de nouveau allouées. En effet, aucun fait n’est constaté sur le rôle proactif de la famille ou son effet positif sur le processus de réintégration, et les membres individuels de la famille pourraient jouer tout aussi bien un rôle positif ou négatif. On sait peu de choses des effets négatifs du retour de l’ex-combattant sur la famille dans son ensemble (la pression sociale et politique peut aller d’un léger comportement d’évitement de la part des autres à l’antagonisme pur et simple). De plus, lors de l’absence du combattant, les autres membres de la famille, et très souvent le conjoint, endossent le rôle et les responsabilités jadis attribués au combattant avant son départ du foyer. Assumer ces nouvelles responsabilités mène souvent à une autonomisation, surtout des femmes. On en sait peu sur les effets de ces changements de rôle et de responsabilités au moment du retour du combattant. L’objectif de l’étude est de comprendre le rôle et l’implication de la famille des ex-combattants au moment de leur réintégration sociale et économique dans leur communauté, ainsi que l’impact de celle-ci sur la famille. 
Cette étude cherchera plus précisément à déterminer les éléments suivants :

  • Pré-réinsertion : les dynamiques familiales lors de la période de pré-réintégration, c’est-à-dire une fois la famille prévenue du retour de l’ex-combattant et le processus vécu par les différentes catégories génériques des membres de la famille (parents, conjoint, enfants, frères et sœurs, etc.) en préparant ce retour ;
  • Réinsertion : les dynamiques diverses et leur impact sur les membres de la famille lors de la réinsertion des ex-combattants et la période suivant immédiatement la réinsertion ;
  • Réintégration sociale : le rôle joué par les différents membres de la famille dans la facilitation (ou la complication) de la réintégration sociale de l’ex-combattant ;
  • Réintégration économique : le rôle joué par les différents membres de la famille dans la facilitation (ou la complication) dans la réintégration économique de l’ex-combattant;
  • La famille des ex-combattants : si les dynamiques et les rôles joués par les différents membres de la famille diffèrent, si l’ex-combattant est accompagné par une famille ; et
  • L’impact sur la famille : l’impact social et économique du retour de l’ex-combattant, surtout sur le conjoint qui a pu endosser de nouveaux rôles et responsabilités pendant l’absence du combattant.

Burundi, RDR, Sud-Soudan

Développement de connaissances opérationnelles sur l'implication des hommes dans les programmes traitant de la violence sexuelle et liée au genre (VSLG) dans les pays post-conflit de l'Afrique sub-saharienne - Burundi, RDC, Sud-Soudan

Objectifs :

Augmenter les connaissances opérationnelles sur une implication efficace des hommes et des garçons dans les programmes post-conflit traitant la VSLG dans l’Afrique sub-saharienne grâce au développement de manuels de formation et la mise en place d’activités de renforcement des capacités.

Contexte :

Tandis que la nature et les modèles de VSLG dans les conflits récents et actuels de l’Afrique sub-saharienne ont été largement documentés et qu’une grande variété de programmes aident les survivants, une attention limitée est portée sur les rôles multiples joués par les hommes et les garçons dans la VSLG, pendant et après le conflit. Impliquer les hommes et les garçons dans les programmes traitant du problème est particulièrement important pour la prévention. Les interventions des programmes doivent plus précisément reconnaître les multiples rôles des hommes et des garçons : ils sont acteurs de la VSLG, membres de la famille de survivants, témoins de VSLG, survivants, fournisseurs de services (travailleurs du secteur de la santé, police, soldats de la paix et autres acteurs des initiatives de démobilisation), décisionnaires, législateurs et agents de changement. Les programmes montrent, en outre, que les hommes peuvent adopter une attitude et un comportement équitables et dénoncer la violence. Une réponse globale à la violence sexuelle dans les pays touchés par les conflits devrait donc intégrer des stratégies efficaces impliquant les hommes et les garçons dans la prévention et la réduction. Cela signifie une volonté de discussion et de messages communautaires remettant en question les normes violentes, militarisées et inéquitables caractérisant la définition de la masculinité.  

Détails du projet :

Sous cette initiative, LOGiCA collabore avec Promundo à la mise en œuvre des activités clés suivantes :(i) développement et lancement pilote de manuels de formation sur l’implication des hommes dans la prévention de la VSLG (liés à un programme prévu ou existant de traitement de ce problème dans un contexte de post-conflit), (ii) mise en place d’interventions et d’activités de renforcement des capacités pour développer les connaissances techniques et le leadership des hommes jouant le rôle d’agents de changement pour une réduction et une limitation de la violence et de la VSLG ;  et (iii) évaluations d’impact de ces interventions. Les pays ciblés pour ces activités comprennent la République démocratique du Congo, le Burundi et le Sud-Soudan.

Les approches techniques au Burundi, en RDC et au Sud-Soudan seront axées sur une collaboration avec les partenaires au niveau du pays, qui ont une grande expérience des efforts de réduction de la VSLG, et dont le travail peut être amélioré par un ciblage stratégique ou des efforts appuyés systématisés d’implication des hommes associés à ce processus. Les partenaires d’exécution comprennent : CARE-Burundi, Women for Women International et IRC (RDC), et ARC (Sud-Soudan). Cette initiative cherche donc à améliorer les efforts actuels de traitement de la VSLG au sein d’organisations qui sont en mesure de travailler avec des hommes et des garçons associés à la prévention de la VSLG, même après la clôture du projet. De plus, les manuels de formation et l’expérience contribueront aux programmes au Burundi et en RDC, ainsi que dans d’autres pays post-conflit de la région. Les activités ne comprendront pas de projet pilote soutenu par LOGiCA au Sud-Soudan ; cependant, Promundo collaborera avec les partenaires locaux et les parties prenantes clés pour mettre en place deux ateliers de formation et fournir une assistance technique sur site et hors site afin d’appuyer les efforts actuels de collaboration avec les hommes et les garçons dans la prévention et la réduction de la VSLG. 

Les composantes sont les suivantes :
  1. Développement et lancement pilote des manuels de formation : à partir de l’ensemble des expériences de l’adaptation du matériel de programme H/M ainsi que de son développement d’une boîte à outils d’implication des hommes dans le traitement de la VSLG, Promundo et chaque partenaire respectif élaborera une ébauche de manuel pour travailler avec des groupes d’hommes (et de femmes) sur la dimension spécifique de la VSLG dans le contexte des programmes à l’œuvre dans chaque pays. Pour le Burundi, ce manuel systématisera en partie les éléments concluants de l’approche Abatangamuco actuelle (qui implique les hommes et les femmes dans une approche dite « de pair à pair » pour traiter des cas de VSLG) ; il incorporera également de nouveaux thèmes et des démarches identifiés au cours de l’étude formative et du processus de planification.
  2. Développement des capacités de leadership et de base technique relatives au travail des hommes comme agents de changement pour réduire et limiter la violence et la VSLG : partie intégrante du lancement pilote des manuels, la mise en œuvre d’activités de renforcement des capacités devrait contribuer à ce développement. Ces activités seront menées dans trois groupes : (1) au niveau du bénéficiaire du programme (activités menées directement avec les hommes et les garçons par rapport aux multiples rôles qu’ils jouent dans la VSLG), (2) au niveau du personnel du partenaire d’exécution du programme par rapport à l’intégration des hommes et des garçons dans les programmes traitant la VSLG avec une formation des formateurs sur les manuels élaborés, et (3) au niveau du pays, par un soutien au développement de réseaux nationaux dans les pays pilotes identifiés comme source continue de leadership et de développement technique. Les caractéristiques de cette composante seront élaborées à la mesure des spécificités du contexte du pays.
  3. Évaluations d’impact : des enquêtes de référence et une évaluation finale seront menées au Burundi et en RDC pour évaluer l’impact des interventions dans le pays. Les données des évaluations seront compilées et examinées afin d’identifier l’efficacité des activités au sein des pays et entre les pays, et viendront appuyer les recommandations de politique et de programme. Au Sud-Soudan, bien qu’il ne soit pas prévu d’interventions pilotes spécifiques, des consultations complètes seront menées durant le processus d’identification des activités et formations existantes, les formations dispensées et le renforcement des capacités, ainsi qu’au cours de l’assistance technique. Les constatations et expériences des partenaires seront compilées au sein d’un « kit de ressources » qui servira d’outil d’éducation et de plaidoyer.

 

BailleursFlag of Canada Flag of Denmark Flag of Norway Flag of Sweden